Sir Pathétik se réinvente

SIR PATHÉTIK – LANCEMENT D’ALBUM
Maison de la culture, Montréal
15 DÉCEMBRE 2014

Texte rédigé par Jasmine Legendre

Photos prises par Laura Boisvert-Lavoie

Le lundi 15 décembre dernier, Raphaël Bérubé, que l’on appellera sous son nouveau nom de scène Sir Path, lançait son nouvel opus Le Québécois. À 37 ans, il a choisi de mettre un peu de côté son rap habituel pour offrir un album à la tonalité un peu plus pop. On sent une certaine maturité dans sa voix et dans ses propos. Sir Path est moins vulgaire et plus profond. Une musique qui va rejoindre un plus grand auditoire.

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La force de Sir Path est sans contredit ses nombreuses collaborations au fil de ses albums. Sur 17 chansons, 8 sont des duos qui viennent soulever le talent, déjà bien présent, du chanteur. À son lancement, il a interprété 6 de ses 8 chansons avec ses collaborateurs qui s’étaient déplacés pour venir célébrer le nouvel album avec lui. Chapeau à Alex Lavoie qui l’a accompagné à la guitare tout au long de la soirée, un aspect musical bien présent sur le disque. Alex Lavoie et Sir Path ont aussi livré une solide performance en chantant ensemble la chanson « Fier de l’être » qui témoigne de leur fierté d’être Québécois. Une chanson qui avait sa place dans un lancement où l’on conviait les fans à la Société St-Jean-Baptiste de Montréal et où on les invitait à se vêtir de bleu.

Une fois de plus, Sir Path aborde des sujets poignant sur ses chansons. La chanson « Let You Down » raconte l’histoire de parents qui apprennent que leur fils sera handicapé, mais qui reste forts malgré les épreuves qu’ils auront à affronter. Ils l’aiment tout simplement. Sir Path se lance dans un sujet dont on ne rend pas assez souvent justice. Les chansons d’amour sont encore bien présentes sur ce nouvel opus. Il a par contre tenu à offrir un nouvel angle, celui où c’est la femme qui part de la maison, avec la chanson « Reviens-moi ». Sir Path écrit des chansons pour ses fans, pour des situations qui lui ont été racontées. Dans ses chansons, comme à son lancement, on le sent proche de ses fans. Le public l’aime, comme ils aiment leurs « bons vieux chums ».

Après 8 chansons, Sir Path termine son lancement et entre en coulisse avant d’aller signer des autographes pour les quelques dizaines de personnes au rendez-vous. Un lancement intime, mais généralement bien réussi. Le principal bémol c’est le fait que la trame sonore des chansons était parfois trop forte et faisait perdre les réelles tonalités de sa voix. Il aurait été souhaitable pour ses fans qu’il se laisse plus aller dans sa musique et qu’il s’investisse sur scène à 100 %. Les fans ont toutefois semblé avoir apprécié l’expérience et la nouvelle tonalité pop du chanteur. On espère qu’il continuera sur cette voie pour son nouvel album l’an prochain.


 

TempoMag : Depuis ton dernier album, qu’est-ce qui a changé?

Sir Path : Depuis mon dernier album, j’ai changé mon nom. Sir Path n’avait pas le goût, cette année, de faire des chansons qui disaient « tassez-vous de là, c’est moi le rappeur! » ou des grosses chansons revendicatrices. Je sais maintenant pour qui je fais de la musique; j’avais le goût de m’amuser. Je suis allé chercher plein de nouveaux collaborateurs. J’ai travaillé avec Sony Black aussi, il a fait des albums pour Corneille et K-Maro. Je voulais aussi que ça soit beaucoup les guitares à l’avant-plan. Peut-être que Sir Path avait le gout d’être plus pop cette année et de tasser les chansons plus rap.

TempoMag : Quelles ont été tes inspirations pour ce nouvel album?

Sir Path : 17 nouvelles chansons, 17 nouveaux sujets, 17 nouvelles approches. J’étais en Gaspésie quand j’ai écrit mon album. Chaque chanson a son histoire. Celui-là, c’est comme la moitié des chansons plus québécoises et l’autre moitié, c’est comme du Sir Path un peu plus vivant.

TempoMag : Et pourquoi Le Québécois?

Sir Path : (Il commence en montrant son avant-bras droit sur lequel est tatoué Québec). Je suis fier d’être Québécois, j’ai fait de la musique pour les Québécois. Par mes propos, les sujets choisis, j’essaie de refléter les Québécois. La musique québécoise, on l’a comme tassée. Si on écoute la radio, c’est plus des chansons françaises. C’est ce que j’avais le goût de faire : de la guitare, des assonances qui sonnaient de chez nous.

TempoMag : Comment fais-tu pour avoir toujours autant de collaborateurs sur tes albums?

Sir Path : Je ne suis pas égoïste dans ma musique, je la partage. J’ai besoin de ça. Un album, juste de moi, qui sonne toujours pareil, ça ne me tente pas. C’est plein de rencontres, je suis ouvert. Ça l’a toujours fait partie de Sir Path et ça en fera toujours partie.

TempoMag : As-tu des projets pour une tournée pour ton nouvel album?

Sir Path : Ça commence au lancement, après ça on va aller dans pleins de petites salles : 300 personnes et moins. On n’attendra plus après les grosses salles. Je veux aller rencontrer tout le monde, toutes les petites villes, les petits coins où je ne suis pas allé.

TempoMag : Tes chansons ont toujours des thèmes poignants…

Sir Path : C’est important pour moi de ne pas inventer quelque chose. C’est des choses qui arrivent pour vrai. J’écoute mon public, il me raconte leurs histoires. J’avais le goût de prendre la parole pour ceux qui me suivent. Plusieurs personnes me disent « tu m’as sauvé la vie! ». Je l’ai naturellement.

TempoMag : Combien de temps as-tu pris pour écrire ton album?

Sir Path : 1 an. J’ai la chance de pouvoir faire juste ça de ma vie. 17 chansons en 12 mois, ce n’est pas si gros. Un avocat, qui travaille 40 heures par semaine, travaille bien plus fort que moi. En même temps d’être mon passe-temps, c’est mon travail. Je ramasse plein de sujets et après l’instrumental arrive et tout s’emboite.

Pour voir la galerie photo complète de ce lancement, c’est par ici.